>>Retrouvez les propositions pour l'Europe dans le projet socialiste pour 2012
Lors du point presse du 18 juillet, Benoît Hamon est revenu sur les problèmes que traverse actuellement la zone Euro, en particulier la Grèce, et sur les solutions que veulent y apporter les socialistes.
Face au danger que constituerait l'explosion de la zone Euro et l'obligation pour certains pays de la quitter en retrouvant une monnaie nationale et dévaluée, le Parti socialiste rappelle ses propositions pour lui donner un socle stable. Selon Benoît Hamon, il est ainsi "indispensable à nos yeux que les états de la zone euro puissent se financer non pas sur les marchés mais auprès de la banque centrale européenne". En effet, la zone européenne est le seul endroit au monde où les état se financent uniquement auprès des marchés financiers, ce qui les fragilise, leurs dettes et leurs déficits étant totalement dépendants des conditions fixées par ces marchés, donc des agences de notation et de la spéculation sur la dette publique des états.
La gauche européenne et le Parti socialiste Français ont proposé de constituer "une agence publique de notation indépendante des convulsions des marchés" mais aussi "l'interdiction des ventes à découvert ou encore à la régulation des marchés de gré à gré". Benoît Hamon a également rappelé que le Parti socialiste français a inscrit dans son projet "la séparation des activités de banque d'affaire et de banque de détail" pour qu'elles ne puissent pas jouer l'argent des déposants sur les marchés financiers comme c'est le cas aujourd'hui.
Le Parti socialiste souhaite également modifier le pacte de stabilité de croissance pour y distinguer les dépenses d'investissement et les dépenses de fonctionnement, ce qui permettrait de différencier un état qui investit massivement dans l'éducation d'un autre qui propose des réductions d'impôt massives pour les plus riches. Pour Benoît Hamon, "si demain les déficits de la France étaient constitués par de l'investissement dans l'avenir, ils ne doivent pas être calculés, appréciés de la même manière qu'aujourd'hui", les baisses massives d'impôts n'étant pas du tout favorables à l'économie réelle. En effet, celles-ci se traduisent par des gains qui sont immédiatement placés sur les marchés financiers et qui n'alimentent pas l'économie réelle.
Benoît Hamon rappelle également que le Parti socialiste veut "donner la possibilité à l'Europe d'emprunter par l'émission d'emprunts de type eurobonds", ce qui permettrait de dégager des recettes nouvelles et de financer les grands travaux européens d'infrastructure, en matière énergétique ainsi qu'en matière de communication. La proposition du PSE d'une taxe de 0,05% sur toutes les transactions financières permettrait quant à elle de dégager 200 milliards d'euros. Cette nouvelle recette pourrait alimenter le budget des états déficitaires ou le budget européen.
Benoît Hamon a précisé que ces taxes existent déjà au Royaume Uni, en Belgique et ailleurs: il suffit de les appliquer au niveau européen pour qu'elles rapportent de l'argent et des recettes nouvelles.
Enfin, Benoît Hamon a rappelé que le PS propose pour augmenter le budget européen de réactiver le tarif extérieur commun à l'égard des marchandises qui rentrent sur le marché européen: "ce "juste échange" permettrait de lutter contre les délocalisations, mais aussi de faire en sorte [qu'ils] respectent des normes minimales sur le plan social et le plan environnemental".
Pour conclure, Benoît Hamon a affirmé : "pour éviter la faillite de la Grèce, il est indispensable aujourd'hui de repenser l'échelonnement de sa dette et le montant des remboursements qu'elle doit effectuer notamment à l'égard de ses créanciers privés".