Cher camarade,
Notre souhait initial était bien évidemment de nous rendre dans chacune des sections de la circonscription afin d'exposer à tous les militants le sens de notre candidature. Malheureusement, la campagne ayant été très courte et certaines sections n'ayant pas répondu à nos sollicitations, nous ne serons pas en mesure de remplir cet objectif. Aussi avons nous décidé de nous adresser directement à chaque militant par mail et cela en plus de la profession de foi que tu recevras dans les prochains jours.
Comme tu le sais, nous parlons souvent de renouvellement et la très grande majorité des militants sont sensibles à cette démarche. Pourtant, cette année encore, nous entendons cette comme une petite musique de fond qui, tout en saluant le désir de renouveau, s'empresse d'ajouter que ce ne serait toujours pas le moment car, compte tenu de la situation dans laquelle se trouve le parti, seul un candidat expérimenté nous permettrait de "limiter la casse".
Un certain nombre de militants regardent avec sympathie notre démarche et sont tentés de se résoudre in fine au vote "de la raison" pensant ainsi se donner davantage de chance de sauver la circonscription.
Or il s'agit d'un raisonnement tout à fait paradoxal car c'est précisément en 2017, plus que jamais, que nous avons besoin du renouveau pour l'emporter.
Comme tu as pu le remarquer, être présent depuis longtemps sur la scène politique est devenue aujourd'hui un handicap tandis que la nouveauté est au contraire un atout pour percer dans l’électorat. C'est vrai en France comme à l'étranger: la défaite d'Hillary Clinton comme la victoire à Rome de la jeune Virginia Raggi, novice en politique, en sont de bons exemples.
En France, force est de reconnaitre que la démarche d’Emmanuel MACRON, dont Christophe et moi ne sommes pas fans, attire car elle donne à beaucoup de nos concitoyens, y compris à gauche, une certaine image de modernité, tout du moins sur la forme, car sur le fond….
Croire que la Nièvre pourra être épargnée par ce phénomène est tout à fait illusoire. Et si un parti doit en être la principale victime, il s'agira évidemment du nôtre. Parce que nous avons une place tout à fait particulière dans le département. Nous représentons "l'establishment" local aux yeux des électeurs. A tort ou à raison, c'est ce que ressentent les électeurs. Donc si il y a une appétence particulière au vote "anti système" (et il y en a), nous allons en souffrir tout particulièrement. Souvenez-vous des municipales de 2014 !!!
Or si la situation sera difficile pour le parti quoiqu'il arrive, et elle le sera encore davantage avec un candidat qui incarne, plus que tous les autres encore, cet "establishment" local compte tenu de sa présence ininterrompue au Palais Bourbon depuis deux décennies.
Le Front National l'a malheureusement bien compris, lui qui depuis des années associe à sa démarche, en apparence anti système, le fait de présenter des candidats de plus en plus jeunes et donc nouveaux sur la scène politique.
Nous sommes en train d'abandonner la jeunesse au Front National y compris dans notre département. Mais que peut penser un jeune lorsqu'il découvre que le candidat Parti Socialiste d’aujourd’hui est celui qui siégeait déjà quand ses parents ne se connaissaient pas encore ? La rhétorique de la rente de situation est un peu facile et injuste, mais elle est très porteuse et fera des ravages dans les urnes.
Alors on nous dit que, compte tenu du contexte national, Christian s'en sortira parce qu'il est "plus à gauche". Encore faudrait-il qu’il y ait des barèmes en la matière ! Et nous ne nous sommes pas "moins à gauche" que lui.
S’il s'agit d'avoir un regard critique sur le quinquennat écoulé, nous partageons l'analyse de Christian sur de nombreux points. Mais nous pensons qu'une approche essentiellement schizophrène consistant à dire "tout ce que la majorité socialiste a fait est mauvais mais cela ne me concerne pas donc votez pour moi" sera totalement inaudible auprès des Français et aura pour conséquence de renforcer nos adversaires.
Nous rappelons également que nos adversaires principaux ne seront pas le Front de Gauche mais bien une droite dure tendance "fillonisto-sarkozyste" avec Annie Legrain ainsi que le Front National donc l'un des thèmes principaux de campagne sera le terrorisme. Et sur ce plan, Christian est l'un des députés socialistes les plus vulnérables car l'un des six ayant voté contre la dernière loi anti-terroriste contrairement à beaucoup de députés frondeurs. Un vote extrêmement pénalisant au vu du contexte actuel.
Rien ne permet donc de penser que Christian Paul a davantage de chances de l'emporter que notre ticket de rénovation. En fait tout indique le contraire.
Nous serions alors à égalité niveau fraicheur avec le ticket du Front National avec une image d'outsiders plutôt que de cible à abattre. Et notre positionnement critique mais sans invective par rapport au quinquennat sortant permet de rassembler davantage. Enfin nous n’avons pas le désavantage de devoir rendre compte de certains votes malheureux à l'Assemblée.
Sébastien POUPON et Christophe FRAGNY,
Candidats à l'investiture pour les législatives (titulaire et suppléant)
Sébastien a 36 ans, il est militant socialiste depuis 2005, Secrétaire Fédéral à l'Europe et à l'International et ancien candidat aux Européennes de 2014
Christophe a 45 ans, il est militant socialiste depuis le milieu des années 90, membre des instances fédérales, ancien membre des instances nationales et Adjoint au Maire de Saint Léger des Vignes